L’instabilité antérieure de l’épaule

La luxation récidivante de l’épaule (ou subluxation) est une pathologie fréquente et invalidante. Le plus souvent la première luxation survient lors d’un traumatisme de l’épaule entraînant des lésions articulaires à la fois ligamentaires et osseuses.

Au décours de ce premier épisode, après une réduction, qui se fait parfois sous anesthésie, l’épaule est immobilisée pendant 15 jours pour permettre une cicatrisation des lésions capsulo-ligamentaires. Ensuite, une rééducation est préconisée pour permettre une récupération des amplitudes articulaires et un renforcement de la musculature de l’épaule, ceci afin de renforcer la stabilité de l’articulation.

Si un nouvel épisode d’instabilité survient, il faudra réaliser un bilan approfondi : clinique recherchant les signes francs de laxité antérieure et éliminant une instabilité multidirectionnelle (antérieure, inférieure ou postérieure) qui est un facteur très péjoratif à la chirurgie.

Il est nécessaire de demander des radiographies comparatives des deux épaules et parfois un arthroscanner.

Un traitement chirurgical stabilisateur est le plus souvent proposé pour éviter une nouvelle luxation qui majore à chaque fois les lésions capsulaires et osseuses. Cela peut être une retente capsulaire ou une butée osseuse dont l’efficacité semble meilleure.

Cette dernière intervention consiste à prélever une excroissance osseuse sur l’omoplate, la coracoïde (apophyse osseuse de l’omoplate) et de la positionner devant la glène de l’omoplate pour empêcher la tête de l’humérus de partir en avant et donc de se luxer.

L’hospitalisation est courte (quelques jours).

Il faudra souvent une simple immobilisation en écharpe, l’épaule est mobilisable assez vite, mais la rotation externe est interdite pendant 45 jours afin de ne pas forcer sur la butée et de permettre sa consolidation sur la glène de l’omoplate.

 

Les complications

Outre les complications « classiques » mais rares que sont les douleurs résiduelles et une éventuelle infection, il existe deux risques particuliers qu’il convient de mentionner :

  • L’arthrose de l’épaule qui peut survenir au bout de nombreuses années si la butée n’est pas bien positionnée en étant trop « débordante » par rapport à la surface articulaire de la glène. La tête de l’humérus entre en conflit avec la butée créant une usure du cartilage.


Arthrose sur une butée débordante